En attendant Coetzee...
| | Troisième volet de l'oeuvre autobiographique de J.M. Coetzee, L'été de la vie en est sans doute le plus original et, pour l'instant, le plus abouti. 1972, le futur prix Nobel n'a encore rien publié. A trente ans, il vient de rentrer au pays natal, habite avec son vieux père, rencontre quelques personnes, retape sa maison et donne des cours d'anglais. Rien de bien passionnant si l'homme en question n'était pas le grand écrivain que l'on connait aujourd'hui. Grand écrivain qui, semblant douter de l'intérêt du lecteur pour sa petite histoire, met en place de manière remarquable un stratagème : Coetzee est mort, un universitaire anglais souhaite rédiger une biographie et va pour cela rencontrer cinq personnes l'ayant fréquenté dans les années 70. |
Rarement autobiographe n'aura été aussi loin dans la volonté de se recréer en tant que personnage, et le lecteur oublie, avant de se le remémorer avec effroi, qu'il s'agit bien de Coetzee qui écrit sur Coetzee. Les cinq relations dépeignent un homme froid, distant, sans passion aucune, même pas un sale type, juste un absent du monde. L'écriture, elle aussi formidablement froide, distante et sans passion, vient confirmer ces impressions, Coetzee (auteur d'une thèse sur Beckett) attend toujours Coetzee.
Le lecteur, lui, se gardera bien de chercher derrière les mots. Tout est là, brûlant, immédiat et passionnant...
ed. Seuil
Parution : 19 Août 2010
Prix indicatif : 22.00 €